Justice pour nos langues !

Éléments de compréhension des discours sur les Celtes

Il est des sujets sur lesquels il est devenu usuel de lire tout, n’importe quoi et son contraire, avec la prétention de se démarquer des controverses, des polémiques ou de la doxa et d’apporter un regard éclairé sur la problématique. Ainsi en est-il des Celtes en France, où le fait d’énoncer que leur présence en Bretagne serait douteuse, voire fantaisiste, semble presque devenu une marque de distinction. Trois ans après la fin de l’exposition « Celtique ? » du Musée de Bretagne, il y a toujours de quoi se sentir perdu sur le sujet au vu des publications qui fleurissent, que ce soit dans son sillage ou non. Il est proposé ici, plutôt que, d’aller interpréter hasardeusement quelque récente découverte, de revenir sur les définitions et les connaissances de base nécessaires pour les appréhender et de mettre en garde contre certaines idées fausses véhiculées par différents biais.

Parmi les marqueurs de l’identité de l’individu et les éléments d’identification des communautés humaines, la langue constitue un des principaux et des plus évidents. L’existence de branches linguistiques explique ainsi la catégorisation intuitive des peuples en ensembles plus vastes ; et l’établissement des familles de langues, regroupant, par exemple, les langues indo-européennes, les langues slaves, les langues celtiques, amène parfois à parler de peuples indo-européens, de peuples slaves, de peuples celtes, et, plus simplement d’Indo-européens, de Slaves, de Celtes, sur le seul critère linguistique.

La question se pose alors de savoir si un tel rapprochement de différents peuples est aussi pertinent d’un point de vue des sociétés humaines, ce qui n’a, de prime abord, rien d’une évidence. Pour ce qui est des Celtes de la protohistoire, ils se caractérisent non seulement par une parenté de langue, mais ils ont aussi une religion en commun, le druidisme, et ils se structurent autour d’une organisation politique, religieuse et sociale similaire.

Les peuples dotés de telles caractéristiques ethniques, ne relevant donc pas de la génétique, ont occupé une vaste zone géographique, s’étendant sur une grande partie de l’Europe. Aussi, il est légitime de parler, pour cette époque, d’une civilisation celtique. Et les critères posés permettent d’affirmer que les Celtes étaient alors présents non seulement sur le continent, y compris en Armorique, comme l’atteste le substrat gaulois du breton, mais aussi dans les iles britanniques.

Des écrits de la période en font déjà état. Celui de Pythéas le Massaliote, De l’Océan, Voyage autour de la Terre, a malheureusement disparu, en dehors d’une quarantaine de fragments, mais d’autres sources attestent de son existence1. Dans ce texte rédigé vers -320, Pythéas relate le voyage qu’il a effectué, probablement entre -330 et -320, et rapporte la présence des Celtes sur l’ile de Bretagne. Cela est connu grâce à l’encyclopédie géographique de Strabon, écrite entre -20 et 23, dans laquelle ce dernier critique les propos d’Hipparque, né vers -190 et mort vers -120, qui, en l’occurrence, citait Pythéas2. Et une étude approfondie montre que davantage de crédit peut être accordé au propos de Pythéas qu’à la contradiction exprimée par Strabon3.

Divers arguments vont en ce sens. D’après les connaissances actuelles, Pythéas semble bien être le seul auteur à s’être rendu sur l’ile de Bretagne avant Jules César, et, étant de Marseille, le celtique devait lui être familier3(a), tandis que Strabon, qui n’a jamais entrepris un tel voyage, a certainement été influencé par les redéfinitions de la Gaule, des Celtes et des Gaulois opérées par Jules César3(b), et considérait, de toute façon, les écrits de Pythéas comme fantaisistes, car il ne pensait pas qu’il soit possible, comme le rapportait Pythéas, que des terres situées au-delà d’une certaine limite au nord soient habitables3(c).

Et les indications de Pythéas sont corroborés par plusieurs autres faits. Tout d’abord, les importants mouvements de populations du continent à l’ile de Bretagne dès 1000 av. J.-C. environ, révélés par plusieurs études, permettent d’expliquer l’arrivée des langues celtiques sur ce territoire3(d). Ensuite, les liens culturels et politiques des habitants de l’ile de Bretagne avec les Celtes du continent apparaissent dans les écrits de Jules César, qui relate que des druides du continent allaient parfaire leurs études sur l’ile de Bretagne. Puis la proximité entre les variétés linguistiques parlées sur l’ile de Bretagne et sur le continent qui lui fait face a été relevée par Tacite au 1er siècle3(e). Enfin, il existe aussi des données archéologiques attestant de la présence celte sur l’ile de Bretagne3(e).

Malgré la consistance de ces critères définitoires et les preuves de l’étendue des peuples qui y répondent y compris sur les territoires mentionnés, divers arguments sont régulièrement avancés pour nier l’existence de Celtes ou leur présence en Armorique ou sur les iles britanniques. Celui, erroné, de l’invention tardive des Celtes ressemble souvent à une attaque à peine voilée des mouvements politiques bretons ou gallois4, mais l’archéologie et la paléontologie sont aussi souvent invoquées.

Les données archéologiques

La production matérielle d’une civilisation, que ce soit dans le domaine architecturale, artistique ou autre, n’est pas nécessairement homogène. Aussi, l’absence d’homogénéité des traces archéologiques ne saurait constituer une preuve de l’absence d’existence d’une civilisation. Et la diversité de la production matérielle au sein de la civilisation celtique permet d’autant moins d’en conclure à l’inexistence des Celtes que les Celtes constituent un ensemble de peuples n’ayant jamais été unifiés.

Par conséquent, il peut seulement être déduit des différences observées que, si l’archéologie renseigne sur la réalité et la diversité des productions des peuples celtes en présence, elle ne permet cependant pas de fournir un critère définitoire des Celtes. En effet, alors que les Celtes ont conservé leur langue au cours de leurs migrations, il n’en va pas de même pour leur culture matérielle, car ils ont souvent assimilé celle qui était en place sur leur territoire d’implantation, ce qui les rend difficilement identifiables par le biais de l’archéologie5(a).

Mais les Celtes ne restent pas insaisissables pour autant. D’une part, les écrits grecs et romains, mais aussi les inscriptions des Celtes eux mêmes et les sources plus tardives, fournissent nombre d’informations essentielles pour décrire la civilisation celtique et pour déterminer son étendue. Et, d’autre part, certaines découvertes archéologiques permettent parfois aussi d’attester de la présence ou de la persistance de la civilisation celtique dans les lieux et aux époques concernés.

En Armorique, la statue d’un buste, le barde à la lyre, datant du 1er ou du 2e siècle et découverte en 1988 sur le site de Paule6 compte très probablement parmi les exemples les plus manifestes. Cet élément matériel, qui renvoie à la structure sociale des Celtes, permet de confirmer que les Osismes appartenaient bien à la civilisation celtique, et que cette civilisation englobait ainsi l’intégralité de la péninsule armoricaine. Et cet artéfact fournit aussi un précieux témoignage du maintien d’un élément caractéristique de la civilisation celtique encore à cette période. De même, en Grande-Bretagne, les noms de peuples de l’ile de Bretagne identiques à ceux du continent repérés sur des inscriptions et des pièces de monnaie confirment la présence celtique sur ce territoire3(e).

Les apports de la paléogénétique

Un peuple et, à plus forte raison, un ensemble de peuples ne suppose pas nécessairement une ascendance commune. L’impossibilité d’effectuer un traçage génétique de tous les peuples concernés ne permet donc pas d’invalider l’existence des Celtes. Les Celtes répondent essentiellement à des critères ethniques qui, par essence, ne sont pas génétiquement identifiables.

Pour cette raison, la paléogénétique reste impuissante à repérer précisément l’ensemble des peuples Celtes. Mais son apport n’est pas négligeable pour autant. Elle permet notamment de suivre les migrations de certaines populations celtes. Mais l’excès d’importance accordé aux données paléogénétiques peut aussi biaiser les interprétations, en amenant, par exemple, à réduire les Celtes aux groupes les mieux identifiables génétiquement, voire à un seul d’entre eux, comme les Celtes laténiens.

Les données génétiques doivent donc être interprétées avec précaution, car, les gènes ne codant pas pour des traits culturels, les analyses génétiques ne cadrent pas nécessairement avec les faits de cette nature. Aussi, si les disparités génétiques relevées peuvent néanmoins apporter un éclairage sur la composition des différents groupes humains qui composent les Celtes, l’absence d’homogénéité génétique entre les différents peuples, par contre, ne permet pas de conclure à l’inexistence des Celtes. Ce serait, là encore, surinterpréter les données issues de la paléogénétique.

En outre, la venue de Celtes dans un nouvel endroit n’implique pas un remplacement de population, que ce soit par élimination ou par déplacement des groupes humains qui s’y trouvent. Sur certains territoires où vivaient divers groupes ethniques de langues différentes, il est tout à fait envisageable qu’une arrivée de Celtes en faible proportion suffise à bouleverser l’équilibre en place et que leur structure sociale, leur religion et leur langue en viennent à être adoptées par l’ensemble des communautés du lieu, à plus forte raison si des rapports commerciaux, religieux et militaires sont développés avec les peuples celtes avoisinants.

Patrick Sims-Williams a ainsi estimé que, dans l’hypothèse où une douzaines de langues auraient préexisté sur l’ile de Bretagne, l’arrivée d’une population de langue celtique constituant 10 % des habitants de ce territoire, aurait pu suffire à ce que leur langue puisse prendre le pas sur les autres, le maintien de contacts avec les populations du continent de même langue offrant un avantage supplémentaire pour la leur5(a). Dans ces conditions, l’apport génétique étant faible, il se trouve alors dilué et atténué au fil du temps, et devient d’autant plus difficilement décelable que les populations entrées en contact possédaient déjà, avant de se mêler, une partie de leur patrimoine génétique en commun. Et cela risque de rendre les interprétations des données paléogénétiques peu pertinentes.

Le concept des Gaulois

Dans un premier temps, la représentation que se faisaient les Romains de l’étendue des peuples celtes concordait avec celle des Grecs. Avant les descriptions de Jules César, « Gaule » en latin correspondait, en effet, à « Celtique » en grec7, et, par « Gaulois », les Romains désignaient ceux que les Grecs nommaient indifféremment « Celtes » ou « Galates ». Mais avec les invasions qu’il entreprend, Jules César, dans le but de s’assurer les honneurs et le prestige qui lui permettent d’assouvir ses ambitions politiques, restreint la Gaule aux territoires conquis, se présentant ainsi comme le conquérant et le triomphateur par lequel le territoire convoité a été réduit3(f).

Excluant alors aussi bien les territoires conquis avant lui, à savoir la Gaule cisalpine, la Gaule narbonnaise et le territoire des Allobroges, que ceux qui restent en dehors de l’empire romain, il énonce : « La Gaule, dans son ensemble, est divisée en trois parties, dont l’une est habitée par les Belges, l’autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui dans leur propre langue se nomment Celtes, et, dans la nôtre, Gaulois. »8(a) Si « Gaulois » reste encore ici synonyme de « Celtes », ces termes ne désignent toutefois que les habitants de la partie centrale de la Gaule. Mais César utilise aussi « Gaulois » pour désigner les habitants de l’ensemble de la Gaule : « Un grand nombre de Belges soumis et d’autres Gaulois avaient suivi César et faisaient route avec lui »8(b).

Toutefois, aucune de ces définitions des Celtes et des Gaulois ne s’est véritablement imposée à une époque plus tardive. Les premiers retrouvent généralement leur sens originel, tandis que les Gaulois sont associés aux Celtes de la Gaule annexée. Pourtant, la Gaule, l’ensemble, et les Gaules, ses subdivisions, sont des créations romaines. Or les Gaulois de la période pré-romaine ne sauraient être définis en fonction d’un évènement qui leur est postérieur. La question des critères définitoires se pose donc.

Les Gaulois ne semblent répondre à aucune définition basée sur des caractéristiques propres. D’une part, la langue des Aquitains et celle de leurs voisins du nord n’ont aucune parenté, l’aquitain n’étant pas une langue celtique mais une variété ancienne du basque. D’autre part, le celtique transalpin s’étend davantage à l’est. Et l’extension possible des Gaulois aux territoires correspondant à la Gaule narbonnaise, au territoire des Allobroges et à la Gaule cisalpine pose aussi une difficulté, car le celtique cisalpin et le celtique transalpin ont été analysées comme des langues différentes9. Par ailleurs, le critère religieux n’est pas plus fonctionnel que le critère linguistique. Les Aquitains et leurs voisins du nord ne partageant pas les mêmes croyances, contrairement à d’autres Celtes situés en dehors de ces territoires. Enfin, la fragmentation en différents peuples et l’absence d’unité politique ne permettent pas non plus de résoudre le problème.

L’inclusion des Aquitains et l’exclusion des Celtes situés plus à l’est soulèvent ainsi tous deux, pour cette période, un sérieux souci de cohérence. Les critères auxquels ils répondent demeurent mystérieux. Aucune des acceptions mentionnées ne permet de donner aux Gaulois un sens correspondant à une réalité propre avant l’invasion romaine. Et les explications de Jules César montrent que les Gaulois apparaissent très tôt comme le résultat d’un amalgame entre deux critères, l’un géographique et l’autre ethnique. Et, pour la période sous domination romaine, la confusion habituelle entre le gentillé et l’ethnonyme néglige encore que les Celtes n’occupaient pas l’intégralité de la Gaule, et fait donc abstraction des Aquitains. Elle a pourtant été reprise plus tard et largement entretenue.

Avant que les territoires concernés se trouvent sous administration romaine, les Gaulois apparaissent ainsi comme un concept dénué de pertinence. Venceslas Kruta, dans un très sérieux précis sur les Celtes, l’exprime ainsi : « Héritée d’une identification de la Gaule à la France actuelle qui remonte au XIXe siècle, l’utilisation du nom de Gaulois pour l’ensemble des populations préromaines de ces régions n’est donc pas pertinente. Elle se réfère à un concept nationaliste désuet des racines du pays moderne qui fut alimenté notamment par les séquelles de la guerre franco-prussienne. »10 Mais l’instrumentalisation des Gaulois dans le mythe national ne se limite pas à la guerre de 1870-1871, et elle a d’ailleurs été décrite plus largement7.

Or, si, après l’invasion romaine, le terme peut tout au plus renvoyer à une province ou à un ensemble de provinces romaines, mais non à des caractéristiques ethniques, le pas a ainsi été allègrement franchi, et l’aberration a même été poussée plus loin, puisque, d’où qu’elles soient, toutes les personnes de citoyenneté française, qu’elles soit du Pays basque, des Outre-mers ou, anciennement, des colonies, ont été affublées d’ancêtres appartenant à un supposé peuple gaulois, et cette idée a été inculquée dès l’enfance par le biais de l’instruction publique. Cette propagande, qui sévit toujours, relève du nationalisme d’État, procède d’une volonté de remplacer les identités existantes par une identité française en manipulant l’histoire pour diffuser, à des fins d’assimilation, un roman national, et participe ainsi au phénomène d’acculturation dont sont victimes les minorités.

L’assimilation des Celtes à un sac magique

Une citation se retrouve dans des publications de différents auteurs à propos des Celtes. Elle a été relevée une demi-douzaine de fois, dans Les Celtes, histoire d’un mythe de Jean-Louis Brunaux11, par un adepte des ouvrages de l’auteur, qui, ayant trouvé à redire à ce dernier, a formulé quelques critiques avisées à son sujet12, bien qu’il se trompe en véhiculant une étymologie fantaisiste du mot « gaulois ». Jean-Louis Brunaux martèle ainsi ce propos qui aurait été exprimé par Tolkien : « Les Celtes sont un sac magique (…) dans lequel on peut mettre ce que l’on veut et d’où on peut sortir à peu près n’importe quoi. »

Or, la phrase originale de Tolkien, qui apparait dans « L’anglais et le gallois » (« English and Welsh »), conférence parue initialement dans Angles and Britons – O’Donnell Lectures13 et reprise dans The Monsters and the Critics, and Other Essays14, diffère de celle livrée par Jean-Louis Brunaux : « Pour beaucoup, voire pour la plupart des gens en dehors du petit cercle des grands érudits, d’hier et d’aujourd’hui, « celtique » sous toutes ses acceptions est, néanmoins, un sac magique, dans lequel n’importe quoi peut être mis et en dehors duquel quasiment n’importe quoi peut sortir. » (« To many, perhaps to most people outside the small company of the great scholars, past and present, ‘Celtic’ of any sort is, none the less, a magic bag, into which anything may be put, and out of which almost anything may come. »)13(a) Si l’exemple que l’auteur fait suivre a trait à la langue celtique, cette assertion peut néanmoins se comprendre de manière plus large que comme relevant du strict domaine de la linguistique.

Cependant, loin de mettre en doute l’existence des Celtes ou du celtique, Tolkien dénonce ainsi seulement le manque de rigueur, qu’il estime être commun parmi les amateurs mais non chez les meilleurs spécialistes du sujet, dans ce qui est attribué aux Celtes et à la langue celtique. Il n’y a là aucune trace d’un quelconque positionnement celtosceptique de sa part. Les propos qui jalonnent sa conférence le montrent d’ailleurs amplement, puisqu’il fournit nombre d’explications ayant trait aux Celtes.

Il livre aussi un élément montrant l’ancienneté du critère linguistique pour distinguer et catégoriser les peuples en apportant des précisions sur le nom germanique walh, wealh, qui désignait une personne de langue celtique et qui s’est maintenu dans un dérivé en vieil anglais13(b). Cette racine germanique se retrouve aussi bien en ancien bas francique, dans *walha et dans son dérivé *walhisk, d’où proviendrait, selon le Trésor de la langue française, le nom français « Gaulois », et dans *Walha, qui, selon la même source, aurait donné « Gaule »15, qu’en anglo-saxon, dans wealisc, wælisc, qui, d’après The Century Dictionary, a donné le nom anglais Welsh (« Gallois »), et dans le pluriel welas, d’où sont issus, d’après le même dictionnaire, Wales (« Galles ») et Cornwall (« Cornouailles »)16. Il en ressort que les Celtes semblent bien avoir été considérés comme tels, non seulement par les Grecs et les Romains, mais aussi par les peuples germaniques.

Tolkien précise que le mot walh, wealh a aussi désigné les personnes parlant latin, l’explication habituellement avancée étant que le latin s’est implanté dans la plupart des territoires celtiques que les peuples germaniques connaissaient13(c). Le Trésor de la langue française traduit d’ailleurs *walhisk par « roman » et *walha par « les Romans »15. Les Celtes et Romains présents au sein d’une même structure sociale et la transition linguistique s’étant fait progressivement, le glissement de sens parait assez naturel, d’autant plus que le même phénomène peut être repéré dans plusieurs autres langues.

Dans cette conférence, Tolkien pose clairement les langues comme la caractéristique la plus saillante des peuples. Et il se garde bien de confondre ces derniers avec des groupes qui seraient définis selon des critères génétiques, physiologiques ou physiques : « La langue est le principal facteur de différenciation des peuples – non des “races”, quel que soit ce que ce mot si souvent galvaudé puisse signifier dans la longue histoire métissée de l’Europe occidentale. » (« Language is the prime differentiator of peoples — not of ‘races’, whatever that much-misused word may mean in the long-blended history of western Europe. »)13(d) De même, lorsqu’il parle des peuples parlant anglais et gallois, Tolkien ajoute immédiatement : « Des peuples, non des races. » (« Of peoples, not races. »)13(e)

Il reprend ainsi une idée développée par Tómas Sæmundsson. Et il prend soin de traduire les propos de l’auteur : « Les langues sont les principaux signes distinctifs des peuples. En fait, aucun peuple n’existe véritablement tant qu’il ne parle sa propre langue ; que les langues périssent et les peuples périssent aussi, ou deviennent des peuples différents. Mais cela n’arrive jamais, excepté en tant que produit de l’oppression et de la détresse. » (« Languages are the chief distinguishing marks of peoples. No people in fact comes into being until it speaks a language of its own; let the languages perish and the peoples perish too, or become different peoples. But that never happens except as the result of oppression and distress. »)13(d)

Tokien explique, par ailleurs, les motivations des politiques visant à l’assimilation : « L’uniformité […] est aussi beaucoup plus facile à contrôler. Un Anglais à cent pour cent est plus facile à manipuler pour un gouvernement anglais. Peu importe ce qu’il était ou ce que ses pères étaient. Un tel “Anglais” est tout homme qui parle anglais de naissance et qui a perdu toute tradition vivante venant d’un passé différent et plus indépendant. Car si des traditions culturelles et autres peuvent accompagner une différence de langue, elles sont principalement maintenues et préservées par la langue. » (« Uniformity […] is also very much more manageable. A hundred-per-cent Englishman is easier for an English government to handle. It does not matter what he was, or what his fathers were. Such an ‘Englishman’ is any man who speaks English natively, and has lost any effective tradition of a different and more independent past. For though cultural and other traditions may accompany a difference of language, they are chiefly maintained and preserved by language. »)13(f)

Ainsi, Tolkien ne verse absolument pas dans le celtoscepticisme. Et il ne cautionne pas non plus l’orientation idéologique qui se trouve bien souvent être à l’origine d’un tel positionnement.

Mais, pour en revenir à la citation approximative qui apparait sous la plume de Jean-Louis Brunaux, elle n’a pas été tronquée et déformée par cet auteur en personne. Il en indique d’ailleurs, lui-même la provenance ; et cela pourrait, au besoin, s’interpréter comme un aveu qu’il n’a pas pris la peine de lire la conférence de Tolkien, qui, pourtant, ne manque pas de pertinence. La citation qu’il rapporte est extraite d’une traduction en français d’un ouvrage de Barry Raftery17.

Il y a alors deux alternatives. Soit Jean-Louis Brunaux a sciemment repris une citation qu’il savait erronée, soit il a fait preuve d’une légèreté coupable en ne prenant pas la peine de vérifier la citation d’origine. Il existe donc un doute sur la conscience que pouvait avoir cet auteur d’avoir détourné le sens des propos de Tolkien et dénaturé sa pensée. Mais le fait que cette citation soit autant répétée de la deuxième page à la conclusion et qu’elle soit présentée par l’auteur présente comme « la métaphore de Tolkien » ayant « servi de fil directeur » à son ouvrage, le fait apparaitre comme peu rigoureux.

Il n’est pas question ici de faire une analyse de l’œuvre de Jean-Louis Brunaux, mais plutôt de rétablir le propos de Tolkien, dont la citation remodelée est régulièrement répétée. Mais il n’en reste pas moins que, pour défendre son positionnement celtosceptique et son parti pris pour les Gaulois, Jean-Louis Brunaux semble contraint à bien des contorsions.

La caution institutionnelle

Du 18 mars au 4 décembre 2022, une exposition très controversée, intitulée « Celtique ? », s’est tenue a Rennes18. Malgré les importantes critiques mettant aussi en cause le dossier pédagogique de l’exposition, ce document se retrouve à présent sur le site de la Délégation régionale académique à l’éducation artistique et culturelle en Bretagne19.

Au vu de son orientation, il n’est guère surprenant de retrouver, à coté d’un article d’Alexis Léonard n’évoquant que les excès de quelques publications peu scientifiques sur les Celtes, deux fois le nom de Jean-Louis Brunaux parmi les 9 ouvrages, manuels et revues de la bibliographie de ce dossier pédagogique, puisqu’y figurent l’ouvrage Les Celtes, histoire d’un mythe11 évoqué plus haut et l’article « Les Celtes, un mythe qui traverse les siècles » du même auteur20. Pour compléter ce qui a été rapporté à propos de ce document et donner un nouvel aperçu de sa qualité, le tableau comparatif qui suit met en relation quelques formulations présentes dans le dossier pédagogique de l’exposition « Celtique ? » du Musée de Bretagne et dans l’article de Jean-Louis Brunaux mentionné précédemment.

« Les Celtes, un mythe qui traverse les siècles », Jean-Louis Brunaux« Celtique ? – Dossier pédagogique, 1er et 2nd degré », Musée de Bretagne
« C’est dans son œuvre que des humanistes exhumèrent quinze siècles plus tard le terme « Celtes », qui entre-temps avait totalement disparu des mémoires ; depuis la conquête romaine, on ne parlait plus que de Gaulois […]. »20(a)« Les humanistes de la Renaissance puisèrent alors dans l’œuvre de Strabon, géographe grec du Ier siècle avant J.-C, le terme « celtes », entre temps oublié au profit des Gaulois. »19(a)
« Ces savants de la Renaissance étudiaient la parenté de langues contemporaines avec une langue plus ancienne, le gaulois, qu’ils reconstruisaient à l’aide de mots conservés par les auteurs latins ou fossilisés par les noms de lieux français. »20(a)« Plus tard, les savants de la Renaissance se sont mis à étudier la parenté de langues contemporaines avec une langue plus ancienne, le gaulois, qu’ils reconstruisaient à l’aide de mots conservés par les auteurs latins ou fossilisés par la toponymie française. »19(b)
« Ils étaient Allemands, Néerlandais ou huguenots réfugiés en Allemagne. Il n’était pas question pour eux de qualifier ces langues de « gauloises », le mot évoquant trop la France et son roi. »20(b)« Ces érudits étaient souvent allemands, néerlandais ou huguenots réfugiés en Allemagne. Il n’était donc pas question pour eux de qualifier ces langues de « gauloises », le mot évoquant trop la France et son roi. »19(a)
« Le qualificatif de « celtique » leur parut mieux convenir; il allait connaître une incroyable carrière. »20(c)« Ce qualificatif de « celtique » leur parut mieux convenir, et c’est ainsi qu’il fut à nouveau popularisé. »19(a)
« Les « antiquaires », prédécesseurs de nos archéologues, découvraient alors les mégalithes, ils les attribuèrent bien évidemment à ces puissants Celtes. »20(c)« Ainsi lorsque les « antiquaires », prédécesseurs de nos archéologues, découvrent les mégalithes, ils les attribuent, à tort, aux Celtes. »19(a)
« S’appuyant sur la parenté de leurs langues et des traditions en grande part inventées, ces peuples se déclarèrent Celtes. »20(d)« S’appuyant sur la parenté de leurs langues et des traditions souvent inventées […], ces peuples se déclarèrent Celtes. »19(a)
« Les historiens nazis virent en eux des compagnons acceptables de leurs ancêtres germains. »20(d)« Les historiens nazis voient alors en les Celtes des compagnons acceptables de leurs ancêtres germains. »19(c)
« Mais ces Celtes, refaçonnés par les idéologies les plus discutables, sont-ils vraiment fréquentables ? »20(d)« Alors face à cette récupération mercantile de l’héritage celte, lui-même issu d’un processus de construction identitaire, est-il encore possible aujourd’hui de se reconnaitre dans une identité celtique ? »19(d)

Ainsi que cela apparait, certaines phrases de Jean-Louis Brunaux sont reprises dans le dossier pédagogique, soit en faisant seulement l’objet d’une retouche minime, soit en étant légèrement remaniées, reformulées ou étoffées. Parfois encore, comme dans la dernière phrase citée, c’est le style et la rhétorique qui sont conservés.

De plus, il apparait dans ces extraits que, pour discréditer l’emploi des mots « Celtes » et « celtique » au profit du mots « Gaulois » et « gaulois », il est soutenu que les premiers termes, après les écrits de Strabon au 1er siècle, auraient disparu de l’usage jusqu’à la Renaissance. Seuls les seconds, par conséquent, seraient légitimes. Or, cette explication ne cadre pas précisément avec la réalité, l’usage de ces différents termes au cours de cette période ayant d’ailleurs fait l’objet d’une étude détaillée21.

D’une part, les mots « Celtes » et « celtique » connaissent bien des attestations entre les derniers écrits de Strabon, au début du 1er siècle, et la Renaissance. Ils ont été utilisés par Pline l’Ancien au 1er siècle22, par Denys le Périégète23 et par Pausanias le Périégète24 au 2e siècle, par Avienus25, par Ausone26 et par Sulpice Sévère27 au 4e siècle, par Sidoine Apollinaire au 5e siècle28, par Priscien de Césarée au 6e siècle29, par Heiric d’Auxerre au 9e siècle30, dans la Chanson de Walther au 10e siècle31, par Sigebert de Gembloux au 11e siècle32, par Eustathe de Thessalonique au 12e siècle33 et par Nicéphore Blemmydès au 13e siècle34.

Ainsi, ni la mort de Strabon, vers l’an 24, ni la chute de l’Empire romain, en 476, ne mettent fin à l’emploi des termes « Celtes » et « celtique », qui se retrouvent, en latin, chez Sidoine Apollinaire au 5e siècle28, chez Heiric d’Auxerre au 9e siècle30, dans la Chanson de Walther au 10e siècle31 et chez Sigebert de Gembloux au 11e siècle32. Et ces évènements sont aussi sans incidence sur l’usage des mêmes termes en grec, ainsi que le montrent les exemple d’Eustathe de Thessalonique au 12e siècle33 et de Nicéphore Blemmydès au 13e siècle34, dans leurs commentaires de la Périégèse de Denys. Par contre, les écrits grecs ont eu un impact sur le nombre d’attestations en latin, de par les traductions ayant été effectuées, comme celles de la Périégèse de Denys par Avienus au 4e siècle25 et par Priscien de Césarée au 6e siècle29.

D’autre part, les mots « Gaulois » et « gaulois » n’ont pas toujours eu le sens actuel au cours de la période concernée. Ils ont parfois aussi eu un sens géographique et ont parfois encore référé au gallo-roman. Du 9e siècle au début de l’époque moderne, les termes « celtique » et « gaulois » redeviennent même généralement synonymes, désignant alors tous deux la langue romane vernaculaire. Et, si « gaulois » est parfois employé pour décrire des toponymes d’origine celtique, par Eucher de Lyon vers 44035, par Venance Fortunat au 6e siècle36, dans Vita sanctorum patrum Iurensium vers 80037, il en va de même pour « celtique », dans des écrits d’Ausone au 4e siècle26, d’Heiric d’Auxerre au 9e siècle30 et de Sigebert de Gembloux au 11e siècle32.

Les termes « Celte » et « celtique » n’ayant jamais véritablement été oubliés, il n’est donc nul besoin de faire intervenir une hostilité ou un antagonisme envers la France ou son roi pour expliquer leur usage. Et cela est d’autant plus vrai que, depuis les écrits de Jules César, les Gaulois ont toujours été associés à un territoire correspondant à des conquêtes romaines, alors que les Celtes étaient présents sur un espace bien plus vaste, comprenant notamment les iles britanniques. Aussi, c’est en toute logique que les Celtes ont été retenus au cours de la Renaissance, notamment dans l’ouvrage dans lequel la parenté des langues parlées par « les Bretons de Gaule celtique, les anciens Scots d’Irlande et d’Écosse, et les Gallois et Cornouaillais d’Angleterre » (« Britonnes in Gallia Celtica, & priſcos Scotos in Hibernia et Albio : & Vallos, & Kernicovallos in Anglia ») a été établie, en 1582, grâce à l’étude des noms, par un Écossais du nom de George Buchanan38, qui, au passage, n’était ni allemand, ni néerlandais, ni réfugié en Allemagne.

Par ailleurs, dans les extraits relevés, les élucubrations idéologiques nazies sont mises en avant pour rejeter le concept d’identité celtique et le sentiment d’appartenance qui peut en être le corollaire. Pourtant, les Celtes n’étant liés à aucune caractéristique génétique que ce soit, ils répondent aujourd’hui à une définition qui suffit à discréditer toute tentative de récupération par des théories racistes. La présentation opérée dans le dossier pédagogique sans mise en garde appropriée risque, par conséquent, d’induire un amalgame insidieux, de contribuer à la diffusion d’idées fausses au sujet des Celtes, et de s’avérer ainsi contre-productif. Il serait, au contraire, beaucoup plus consistant de souligner ici l’incohérence des conceptions basées sur l’idée de race, et cela serait d’autant plus salutaire que ces dernières se trouvent être dangereusement instrumentalisées.

L’analyse des données du tableau montre combien le dossier pédagogique est problématique. La comparaison de nombre de ses formulations avec celles de Jean-Louis Brunaux est, en effet, éloquente. Des informations incorrectes de Jean-Louis Brunaux ont manifestement été répétées sans vérification. Or l’article de Jean-Louis Brunaux, comme d’autres de ses publications dans lesquels il traite des Celtes, manque singulièrement de rigueur. Le dossier pédagogique partage, par conséquent ses travers : il est orienté et donne une vision biaisée de la réalité.

Mais le dossier pédagogique révèle aussi que ses imperfections vont bien au-delà de simples lacunes dans le travail de recherche et de synthèse. Il pose deux autres problèmes éthiques majeurs. Premièrement, ses visées assimilatrices sont manifestes, et cela est d’autant plus pernicieux qu’il est destiné aux jeunes élèves. Deuxièmement, il paraphrase Jean-Louis Brunaux et va jusqu’à recopier sa prose en la modifiant à peine, au point de la laisser parfaitement reconnaissable, ce qui le rend d’un intérêt pédagogique très discutable par l’exemple déplorable qu’il livre aux élèves.

Il y a donc bien des raisons de s’étonner de présence d’un tel document sur le site d’une délégation académique. Cette caution implicite illustre malheureusement combien les institutions publiques non seulement ne prennent pas leurs responsabilités face au potentiel assimilateur de certains discours, mais participent même à leur diffusion.

Conclusion

En l’état actuelle des connaissances, les Celtes constituent toujours une entité cohérente, se présentant, en l’occurrence, comme un « groupe ethnolinguistique »5(b). Cela n’a toutefois pas empêché un courant celtosceptique de se développer, aussi bien en France qu’au Royaume-Uni. Dans ces deux pays, cette tendance apparait être particulièrement influencée par le roman national, et conditionnée, comme ce dernier, par le nationalisme d’État. Et c’est alors généralement à dessein que l’héritage celtique de la Bretagne ou du Pays de Galles sont alors niés.

Plusieurs publications de Jean-Louis Brunaux sur la question des Celtes s’inscrivent dans cette mouvance et sont particulièrement tendancieuses, cet auteur étant d’ailleurs situé parmi les « celtosceptiques modernes » dans un article scientifique3(g). Le dossier pédagogique de l’exposition « Celtique ? » a cependant largement puisé dans son œuvre, jusqu’à y reprendre non seulement des éléments discursifs, mais aussi des formulations, si bien qu’un certain nombre s’y retrouvent, en partie voire entièrement, à l’identique. La manière dont a été construit le dossier pédagogique en fait ainsi un document inconvenant, tant sur le fond que sur la forme.

Enfin, la présence de ce document sur le site de la Délégation régionale académique à l’éducation artistique et culturelle en Bretagne est symptomatique de l’idéologie assimilationniste qui a cours dans les institutions et les administrations en France et oriente leurs actions. Et la prégnance de cette idéologie au sein de l’appareil d’État constitue une sérieuse entrave à la démocratie.

Notes :

  1. Georgelin, Yvon ; Herbaux, François : 2001. « Pythéas, explorateur grec ». Pour la science, no 288, octobre 2001, p. 46-53. P. 47
  2. Strabon : entre -20 et 23. Geographica, livre 2, chapitre 1, section 18.
  3. Sims-Williams, Patrick : 2025. « ‘Celtic Britain’ in Pre-Roman Archaeology, Reconsidered », Oxford Journal of Archaeology, vol. 44, no 4, novembre 2025. P. 446-461. a. P. 447, 458. b. . 448-449. c. P. 453. d. P. 457-458. e. P. 457. f. P. 449. g. P. 448.
  4. « Celtes, langues et identité celtiques », par Yann-Vadezour ar Rouz, Justice pour nos langues !, 10 novembre 2024, modifié le 15 décembre 2025.
  5. Sims-Williams, Patrick : 2020. « An Alternative to ‘Celtic from the East’ and ‘Celtic from the West’ ». Cambridge Archaeological Journal, vol. 30, no 3, aout 2020, p. 511-529. a. P. 523b. b. P. 511b.
  6. « Bretagne : le barde à la Lyre, où les secrets d’une statue gauloise révélée par la 3D », par Bernadette Arnaud, Sciences et avenir 28 mars 2019, 14 h 38.
  7. Héloïse, Héloïse ; Goudineau, Christian : 2003. « « C’est César qui a inventé la Gaule » ». L’Histoire, no 282, décembre 2003.
  8. Caesar, Gaius Iulius ; Rat, Maurice (traducteur) : 1964. La guerre des Gaules. Paris : Garnier-Flammarion, Éditeur. (Titre en latin : Commentarii de Bello Gallico ou Bellum Gallicum ou De Bello Gallico) a. Livre premier, 1. b. Livre deuxième, 17.
  9. Eska, Joseph : 2009. « Emergence of the Celtic languages ». In Martin J. Ball and Nicole Müller, The Celtic Languages, Routledge, p. 21-27.
  10. Kruta, Venceslas : 2019. « Introduction ». Les Celtes, coll. « Que sais-je ? ». Paris : Presses Universitaires de France. P. 3-7. P. 5.
  11. Brunaux, Jean-Louis : 2014. Les Celtes : histoire d’un mythe. Paris : Belin.
  12. « Jean-Louis Brunaux. Les Celtes – Histoire d’un mythe », page 2, par Usher, L’arbre celtique, 12 novembre, 2017, 12 h 38.
  13. Tolkien, J. R. R. ; Parry-Williams, T. H. ; Jakson, Kenneth ; et autres : 1963. Angles and Britons – O’Donnell Lectures. Cardiff : University of Wales Press. a. P. 29. b. P. 23-26. c. P. 26. d. P. 6. e. P. 7. f. P. 5.
  14. Tolkien, J. R. R. ; Tolkien, Christopher : 1983. The Monsters and the Critics, and Other Essays. United Kingdom : George Allen & Unwin.
  15. Quemada, Bernard (dir.) : 1981. Trésor de la Langue Française – Dictionnaire de la langue du 19e et du 20e siècle, vol. 9, « G-Incarner ». Paris : C.N.R.S./Gallimard, Gallimard. Entrée « gaulois ».
  16. Whitney, William Dwight : 1895. The Century Dictionary – An Encyclopedic Lexicon of the English Language, vol. 8. New York : The Century Co. Entrée « Welsh1 », p. 6878a.
  17. Raftery, Barry : 2006. L’Irlande celtique avant l’ère chrétienne. Paris : Errance. P. 221.
  18. « Le scandale de l’exposition « Celtique ? » du Musée de Bretagne », par Yann-Vadezour ar Rouz, Justice pour nos langues !, 6 septembre 2022, modifié le 12 novembre 2025.
  19. Celtique ? – Dossier pédagogique, 1er et 2nd degré, par Céline Morvan, sur le site de la Délégation régionale académique à l’éducation artistique et culturelle en Bretagne. a. P. 14. b. P. 13-14. c. P. 17. d. P. 18.
  20. Brunaux, Jean-Louis : 2015. « Les Celtes, un mythe qui traverse les siècles ». Dossiers d’Archéologie, no 372, novembre-décembre 2015, p. 66-71. a . P. 68b. b. P. 68b-69a. c. P. 69a. d. P. 69b.
  21. Blom, Alderik H. : 2009. « lingua gallica, lingua celtica: Gaulish, Gallo-Latin, or Gallo-Romance? ». Keltische Forschungen, no 4, 2009, p. 7-54.
  22. Plinius Secundus, Caius: entre 77 et 79 environ. Naturalis Historia. Livre 3, chapitre 3.
  23. Denys : 2e siècle. Description de la terre habitée.
  24. Pausanias : 2e siècle. Description de la Grèce.
  25. Avienus, Rufus Festus : 360 environ. Descriptio orbis terrae.
  26. Ausonius, Decimus Magnus : entre 388 et 395 environ. Ordo urbium nobilium. Lignes 160–163.
  27. Severus, Sulpicius : fin du 4e siècle. Sulpicii Severi dialogi tres de virtutibus beati Martini. Dialogue 1, chapitre 27.
  28. Sidonius Apollinaris, Caius Sollius : entre 469 et 482. Epistulæ. Livre 3, chapitre 3.
  29. Priscien : 520 environ. Périégèse.
  30. Heiric, entre 873 et 875 environ. Vita sancti Germani.
  31. Anonyme, 10e siècle. Waltharius.
  32. Sigebert, entre 1050 et 1060. Vita Deoderici episcopi Mettensis.
  33. Eustathe : 12e siècle. Commentaire à la Périégèse de Denys.
  34. Blemmydès, Nicéphore : 13e siècle. Géographie synoptique.
  35. Eucherius, 440 environ. Passio Acaunensium martyrum. Livre 1, chapitre 3.
  36. Venantius Honorius Clementianus Fortunatus : 6e siècle. Carmina. Livre 1, chapitre 9, 9.
  37. Anonyme, vers 800. Vita sanctorum patrum Iurensium, Vita Sancti Eugendi, livre 3, chapitre, 2.
  38. Buchanan, George : 1582. Rerum Scoticarum Historia. Edimburgi : Alexandrum Arbuthnetum Typographum. Fol. 23.